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vendredi 23 juin 2006

Rafael, derniers jours, Gregory Mcdonald - 4 étoiles


Rafael s'apprête à vivre ses trois derniers jours. Il a fait une affaire. C'est sûr. Une avance de 250 dollars et un montant total de 30 000 dollars! Avec ça, sa famille va pouvoir s'en sortir.

Rafael est alcoolique et analphabète. Il vit aux abords d'une décharge, à Morgantown, avec sa femme, ses trois enfants et une petite communauté de rejettés sociaux.

Rafael vient de vendre sa vie pour un snuff movie. Il avait toujours cru que son existence ne valait rien, mais ce sacrifice va rapporter gros à ses survivants.

Malgré la violence des propos tenus par le réalisateurs par rapport au déroulement de la scène du film, Rafael n'a pas fait demi-tour. Il veut le meilleur pour sa famille, car il sait qu'ils peuvent s'en sortir. Il leur manque juste un peu d'argent pour s'intégrer à cette société qui ne veut pas d'eux.

Les mots de l'auteur sont durs quand il décrit le snuff movie, mais le récit est encore plus dur. Les conditions de vie de cette "communauté" sont inconcevables et pourtant elles existent vraiment. Le mot espoir ne fait plus partie du vocabulaire de la plupart d'entre eux, excepté pour Rafael depuis qu'il a "signé" le fameux contrat. Le seul refuge, c'est l'alcool. Cet ami qui panse les blessures (au propre comme au figuré) et qui aide à surmonter la souffrance d'une vie sans avenir.

Ce qui m'a le plus dégoûté dans cette histoire, c'est la facilité avec laquelle le gros réalisateurs s'est joué de ce pauvre type. Il le vole sans scrupule. Lui promet un avenir doré pour ses proches... et Rafael est le seul à ne pas se rendre compte de la supercherie. Il est honnête et pense faire une bonne affaire. Il pense mener la danse lors de la négociation alors qu'il n'est qu'un pion.

Et pourtant le bonheur n'est pas loin. On sent toute l'émotion de cet homme lorsque pour une fois dans sa vie, il va pouvoir offrir des cadeaux à ses proches.

Le regard que la société porte sur ces démunis fait froid dans le dos.

Un roman qui fait réfléchir.

samedi 17 juin 2006

Toutes les familles sont psychotiques, Douglas Coupland - 4 étoiles

Première incursion dans le monde de Douglas Coupland, auteur canadien né en 1961. J'ai trouvé beaucoup de plaisir à travers cette lecture. Imaginez une famille, tout ce qu'il y a d'ordinaire : un père, une mère et trois enfants. Ensuite vous mixez le tout avec une bonne dose de piment... et vous obtenez les Drummond : Ted et Janet, les parents, Wade, Sarah et Bryan, les enfants. Une belle bande de déjantés.
Famille splittée, une réunion est prévue en Floride pour fêter le départ de Sarah à bord d'une navette spatiale. Mais c'est sans compter sans la poisse que peut véhiculer chaque personnage. Ted a quitté Janet pour une jeunette. Janet refait surface et jongle entre Internet et ses médicaments. Wade tente créer sa propre famille et de se racheter une conduite. Sarah est née avec une main en moins à cause d'un traitement médicamenteux suivi par sa mère prendant sa grossesse. Bryan, le bénêt, tente désespéremment de persuader sa compagne, Shw, de garder leur enfant.
C'est avec beaucoup d'humour et d'ironie que Coupland décrit les hauts et surtout les bas que chacun vit, a vécu ou vivra. L'intrigue est intense, riche en rebondissements, mais toujours très réelle. Nous en apprenons beaucoup sur les protagonistes. Nous faisons de nombreux sauts dans leur passé. Cela permet de mieux saisir leur présent. Les moments sont forts, les imbroglios farfelus, mais l'histoire reste tellement vraie. Le lecteur est attendri et participe à cette vie de famille particulière. En dessous de cette couche humoristique, le récit est assez émouvant. Coupland dresse un portrait de notre société et un réfexion comique sur l'esprit de famille.
Un premier roman qui me donne envie de prolonger mon expérience avec cet auteur canadien.
Quatre étoiles pour ce récit qui surprend, fait rire et émeut.

samedi 10 juin 2006

Comment résister?


Voilà,
j'avais emprunter ce titre à la bibliothèque et je m'étais retenue de me l'offrir en grand format.
Par soucis de "collection" (c'est plus un souci... ça devient un toc), j'attendais la sortie poche... bin oui, pour que ce soit assorti au premier titre, "l'affaire Jane Eyre".
Me voilà donc en repérage à la Fn*** (bon ok je voulais acheter la saison 2 de Doggy Bag de Djian), et je tombe sur cette nouvelle couverture folle, qui va très bien avec l'histoire loufoque de Jasper Fforde.
Bon je promets rien lorsque le prochain tome va paraître en grand format... car c'est avec une réelle impatience que j'attends le troisième opus des aventure de Thursday Next (j'achèterais sans doute grand format et petit quand il sortira... c'est un peu ce qui s'est passé avec les Harry Potter)
A maladie de collection....

Doggy bag, saison 1 - Philippe Djian, 3,5 étoiles


Cette série est peut-être la descendante ou le renouveau du roman-feuilleton. En tout cas, il s'agit d'un roman, présenté comme un feuilleton...

Doggy bag est mon premier livre de Philippe Djian.

Construit et présenté à la manière des séries télés, le lecteur entre de suite dans le vif du sujet. Hommes + Femmes = sexe.

La première page nous indique quelques informations sur les personnages, et ce n'est pas du luxe. Au départ, il faut s'accrocher pour ne pas confondre tout ce petit monde, mais petit à petit, on se familiarise avec le cadre de l'histoire. On passe d'une séquence à l'autre, comme on passe d'un paragraphe à l'autre. Le lecteur n'a pas le temps de s'endormir ou de s'ennuyer. L'écriture est vive et claire. Le visionnage mental est aisé.

L'histoire tourne autour de deux frères, propriétaires d'un magasin d'auto. Une femme revient après 20 ans d'absence. On comprend qu'un drame s'est joué entre les 3 comparses alors qu'ils entraient à peine dans le monde adulte. Mais tout au long de l'histoire, une part de mystère, d'ombre, est maintenue sur le pourquoi du comment.

Certains font référence à la série Six feet under pour qualifier ce roman, et effectivement : j'ai souri en revoyant dans les traits d'Irène, ceux de Ruth, la mère Fischer.

J'ai assez apprécié ce livre et je pense très bientôt me plonger dans le second tome.

Ce livre se lit très vite, grâce à son rythme soutenu qui donne envie d'avancer et d'en savoir toujours plus... et pourquoi pas découvrir d'autres titres de cet auteur, que je ne connaissais jusqu'à présent que de nom et de réputation.